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lundi 8 décembre 2014

L'homme n'est pas sa maladie

"Face aux désarrois et inquiétudes suscités par notre mode de vie "à l'occidentale", nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir guérir notre quotidien, et non pas uniquement les pathologies qui l'affectent.... aujourd'hui, la médecine occidentale prend en charge les symptômes et s'interdit de remonter aux causes premières. L'homme se guérit comme l'automobile se répare, mais l'homme n'est pas une machine, c'est tout le problème". -> "La guérison du monde" de Frédéric Lenoir 

Je n'ai pas lu ce livre, je viens de trouver cet extrait sur internet. Non, l'homme n'est pas une machine. Et je dirais, pour élargir le débat, que  l'homme n'est pas sa maladie non plus. Lorsqu'une personne est malade, on ne voit bien souvent plus que sa maladie, et on oublie la personne qu'elle est. J'ai une amie très proche qui est atteinte d'un cancer. Jamais, et chaque fois que je la vois, je pense au mot "cancer". Je vois mon amie, c'est tout. Pourquoi une relation devrait-elle changer parce qu'il y a la maladie ? La personne est toujours la même. Et pourquoi la maladie des autres fait peur et fait même parfois fuir ? Alors que la personne a tant besoin d'être entourée, d'être soutenue, d'être aimée ? Et ceci, quelle que soit la manière dont elle a décidé de se soigner, même si l'on n'est pas d'accord avec son choix. C'est son choix, avant tout, il ne faut pas l'oublier, et il faut le respecter plutôt que de contrecarrer sa décision et la stresser. Il est bien connu que le stress aggrave la maladie, alors n'en rajoutons pas. Il en est de même, et je pense évidemment à mon petit-fils, pour les personnes souffrant de handicaps. Nous ne voyons bien souvent que le handicap, mais il y a quelqu'un derrière ce handicap, il y a une personne, avec ses émotions, ses ressentis, ses joies, ses peines, il y a une âme, ne l'oublions pas.
Mes mots n'ont pas vraiment de rapport avec l'extrait que j'ai mis, mais ils avaient envie d'être dits. Voilà qui est fait...
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14 commentaires:

  1. Au plus fort de la maladie de mon fils, il y a 6 ans, le principal du collège m'avait convoquée pour me dire que des parents "inquiets" se demandaient si ce qu'avait mon fils (des tics) s'attrapaient et pourquoi était-il intégré dans une école "normale ? Mon fils a été sa maladie pour tout le monde, surtout pour sa famille paternelle sauf pour moi. Et aujourd'hui, qu'il est "guéri", il s'est détourné de tous ceux qui ne l'ont pas Vu toutes ces années. Bref, bien sûr qu'il ne faut pas voir la maladie mais l'être, mais peu de gens le font, soyons honnêtes. Regarde le rejet au début du SIda et tous les débats honteux qui s'ensuivirent. Dans ma résidence, il y a une jeune fille trisomique. Je l'adore, on câline le chien ensemble. Nous ne sommes pas notre maladie, nous sommes ce que nous montrons de nous dans l'Agir. Et perso, je déteste parler de maladies avec les gens, je trouve çà un manque de respect à l'intimité. Je laisse toujours les gens en parler librement. J'ai aidé des tas de jeunes atteints de divers maux, je le savais de par leurs dossiers, mais c'est tout. Bref, pas facile comme sujet. Tant que la peur dominera le monde, la maladie sera stigmatisée malgré tout. Bisous, bonne nuit :)

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    1. Merci pour ton commentaire et pour ton témoignage, Kristel.
      Je ne rajouterai pas grand-chose, en fait, à tous les commentaires laissés sous ce billet, les lire suffit, ils n'ont pas besoin à leur tour d'être commentés.
      Belle fin de semaine à toi. Gros bisous. :-)

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  2. Françoise,
    C'est encore pire que cela... C'est la différence qui nous met dans "la marge de la société".
    Jusque dans mon enfance, ne pas avoir de parents me mettait sur le banc des coupables. L'école, les gens, me suspectaient de larcins, d'immoralités, de violence, de cruauté...
    J'étais un paria qu'on montrait du doigt.

    Cela m'a servi. J'ai ouvert les yeux. Mes instants préférés ont été d'aimer une femme séro-positive, d'enseigner la pratique de la voile à des trisomiques. Je ne ressens qu'une affinité avec les gens qui sont repoussés par la société...

    Car oui, le lien entre ta billet et le livre "la guérison du monde" de M. Lenoir, est que la planète s'arrête au symptôme.
    On s'arrête à ce que l'on voit, et non ce que l'on ressent. Nous sommes lâches devant l' handicap, la maladie, la mort. Puérils que nous sommes, nous nous croyons immortels, perpétuellement jeunes et beaux...
    Il suffit de regarder cette course immature au côté des moyens de rajeunir, de se sentir jeune, de se sentir en pleine santé...
    Refus d'une échéance inéluctable : la mort. Lâcheté de comportement en fuyant le malade et le moyen de contracter la maladie. Sénilité comportementale que voilà...

    Merci pour ta réflexion.
    Elle me rappelle ce que je suis et où je vais.

    Mon billet :"Prologue de "Heike monogatari" "Le dit des Heike" parle de cela aussi...

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    1. C'est moi qui te remercie pour ton commentaire, Gilles, et pour tes mots, des mots sans censure, des mots directs, sans langue de bois, tes mots.
      Mais dis moi... où es-tu ? Je voulais aller commenter l'un de tes billets, mais on me dit que ton blog a été supprimé... Fais moi signe, j'en serai heureuse. Merci. Je t'embrasse.

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  3. Et bien, je suis d'accord avec Shirokuma, car plus que la maladie, c'est la différence qui est le symptôme. Par rapport à ton petit-fils, cultivez ses différences et dites lui que c'est ce qui le rend unique, qu'il n'a pas besoin d'être comme les autres, parce que c'est mieux d'être unique au regard de l'extérieur. Mon fils a été moqué et rejeté, quand il était en primaire, je passais devant la grille de la cour entre midi et deux, je le voyais seul, à tourner en rond, j'en avais le coeur brisé. Aujourd'hui, il est mature, plein d'empathie et de bienveillance car malgré çà, je ne l'ai pas élevé dans la rancoeur. Je lui disais toujours que les enfants l'aimaient bien mais ne savaient pas comment réagir. jamais je lui ai dit "ils te rejettent, c'est pas bien". Je lui disais tout le temps "mais non, ils t'aiment bien, regarde, ils te disent au revoir". Et en plus, je crois que c'était vrai. Si un enfant n'a pas d'estime de soi blessé auprès des siens, il s'en sortira toujours. Moi, j'ai eu l'estime personnelle bafouée toute mon enfance, comme Shirokuma je présume. Le chemin à l'équilibre est long après. Si ton petit fils est entouré comme je le présume, il s'en sortira grandi. Mais ne nous leurrons pas, çà ne va pas être facile.. Courage et foi..

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    1. Tu as eu les mots et l'attitude justes envers ton fils, Kristel, et c'est grâce à toi qu'il a pu devenir ce qu'il est maintenant, tu peux en être fière. :-)
      Oui, je sais que ça ne va pas être facile, mais quand il y a l'amour, il y a la force aussi.
      Gros bisous.

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  4. Je trouve que tu as bien fait de le dire car tu as raison sur tout .... La maladie ne doit rien changer aux relations que l'on avait avec une personne ! D'ailleurs elle a besoin qu'on l'aime et l'entoure plus que jamais ! On sait à quel point le moral joue sur la guérison .... Je ne savais pas que ton petit fils avait des problèmes .... Par contre je crois que toute personne atteinte de handicap est très attachant et mérite toute notre attention .... Prends soin de lui !!!! Un gros bisou Françoise

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    1. Cindide, mon petit-fils a fait une rupture d'anévrisme il y a 3 ans et demi, à 2 ans et demi. Il lui reste une hémiplégie du côté gauche (il était gaucher), et des troubles cognitifs. Si tu veux lire son histoire, tu peux cliquer sur le libellé dans la colonne de droite intitulé "Petit bonhomme courageux".
      Bonne soirée à toi, et merci pour tes mots. Gros bisous.

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  5. Coucou Francoise <3
    Les gens ne sont pas dans l'empathie, ils ramènent toujours tout à eux : ils ont peur de la contagion, peur d'être remis en question, peur de perdre leur temps, peur de l'inconnu, peur...
    Nous vivons dans une société du paraître, du plus beau, du plus intelligent, du en bonne santé, du...
    Même les vieux doivent rester jeunes !!!
    Alors être malade, être différent :((

    Je respecte les personnes et je ne les définis ni par leur santé, ni par leur statut, ni par leur richesse et quand j'aime, je reste fidèle !
    Je m'intéresse à la beauté intérieure, donc je vois la personne <3
    Si seulement nous attachions plus d'importance au QI du coeur !
    Embrasse très fort Notre Petit Prince et de douces pensées à ton amie <3 <3
    Gros bisous <3
    Claude





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    1. Le respect, oui, Claude, le respect, c'est important. Merci pour tes mots.
      J'embrasserai très fort le Petit Prince, promis. Je le vois le 21, il va souffler ses 6 bougies. :-)
      Merci pour mon amie.
      Gros bisous à toi aussi, Claude.

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  6. Bonjour Françoise.

    J'approuve les commentaires précédents, avec une petite nuance.
    Ce comportement de rejet, de suspicion, de peur, d'incompréhension n'est pas nouveau, on ne peut imputer sa genèse à l’Ère moderne.
    (mon grand-père trouvait plus sage de taire ou de minimiser, en dehors de la sphère privée, les maux dont il souffrait)
    Ce qui me parait neuf est la contagion de ce mode de pensée,sa propagation à l'intérieur même des dernières structures refuges:la famille, les amis, les proches.
    Comment s'en étonner alors que tout est mis en œuvre pour disloquer toutes les structures dont la construction est dite culturelle afin de laisser le champ libre au seul individu roi, à condition que celui-ci ne s'écarte pas du rôle qui lui est attribué, non plus celui de citoyen mais celui de consommateur ?
    Comment s'en étonner puisque, sous prétexte du dogme égalitaire, sont niées, arasées, rabotées, les différences entre chacun de nous ?
    Étonnante société abolitionniste, abolition des États, des frontières, du sexe, de la pensée contestataire, de la différence, etc
    Étonnant lissage d'une société dite universelle (sic) qui décrète une égalité factice par égalisation, en rejetant comme dans un modèle statistique les valeurs "aberrantes", situées aux extrêmes.
    Le rejet actuel de la personne malade, handicapée ou plus globalement différente, relève (outre les causes évoquées dans les autres commentaires) du déni de l'existence même de la différence, de sa négation et du malaise provoqué par cette scission inconciliable entre le monde réel et un monde idéalisé, formaté, paradisiaque.
    Il est nécessaire d'accepter vraiment la réalité de la maladie, de la souffrance, de la différence (pour nous, pour les autres) pour "l'oublier" ensuite.
    Pas de déni mais pas non plus de larmoiement, de pitié condescendante.
    Accepter l'autre pour ce qu'il est , non pas notre semblable mais notre prochain.

    PM

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    1. Oui, PM, accepter l'autre pour ce qu'il est, et également s'accepter soi, tel que l'on est.
      Tout ce que tu dis est vrai, et j'approuve à 100 %. Merci pour ce commentaire franc et direct, merci pour tes mots.
      Bonne soirée à toi, et bon week-end.

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  7. Ta Note a suscité de longs commentaires, je vais aussi les lire mais j'aime bien faire le mien avant (sourire).
    « L'homme n'est pas sa maladie » Cela parait être une évidence, ce qui l’est moins c’est l’acceptation de sa maladie (et même découvrir que c’est une maladie). Il y a avant le regard des autres son propre regard et souvent le déni qui bloque tout début de décision concernant la meilleure façon de se soigner.
    Puis le regard de l’autre bien sûr. C’est pour cela qu’il est si important de créer des structures qui permettent aux malades de parler entre eux, de partager peines, souffrances et espoirs avec des gens qui ne seront pas dans le jugement. Ces structures nommées souvent « groupes de paroles » se développent de plus en plus et y compris en milieu hospitalier, c’est une très bonne chose. Je comprends la longueur des commentaires, c’est un sujet si mal compris, la maladie amène de plus hélas souvent l’isolement (le sien, celui des autres peut-être par gêne, par peur… ?). Merci de ce billet Françoise, je t’embrasse.

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    1. Merci également à toi, Louis-Paul, pour ta réflexion issue de ce billet.
      Oui, c'est un sujet si mal compris, et c'est pour cela qu'il faut en parler, et qu'il faudra en reparler encore.
      Belle fin de semaine à toi. Je t'embrasse.

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Merci pour vos petits mots que j'apprécie infiniment.