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lundi 8 juillet 2013

La juste mesure

« S'il est une distance utile et même indispensable pour ne pas se lancer dans des aventures à l'évidence vouées à l'échec, il en est une qui, si elle est excessive, devient vite synonyme d'ennui, de platitude et de monotonie : cette attitude de repli, si elle met hors d'état de souffrir, met également hors d'état de vivre. Et le risque finit par être de ne plus vouloir en prendre aucun, de ne plus savoir en prendre aucun ». (Catherine Bensaïd)

dimanche 15 avril 2012

La musique des anges

Connaissez-vous le livre « Aime-toi, la vie t'aimera » de Catherine Bensaïd? Pendant longtemps, il a été mon livre de chevet. Je l'ai lu, et relu. Il y a quelques semaines, j'ai pris à la médiathèque un livre du même auteur : "La musique des anges" écrit en 2003. Je ne le connaissais pas, et j'ai aimé le lire. Je vais d'ailleurs me le procurer en livre de poche, il fait partie de ces livres qu'on a besoin de relire plusieurs fois pour bien s'en imprégner.
Voici quelques extraits tirés de ce livre :

« Que nos souffrances soient anciennes, ou que nous ayons l'art de les créer et de les recréer, être sujet de sa vie, sujet d'une vie heureuse, consiste déjà à prendre conscience que cet autre, ces autres que nous avons fait entrer dans notre vie sont tels qu'ils sont car nous avons bien voulu qu'ils le soient. Ceux qui ont un comportement à tendance paranoïaque, voyant toujours à l'extérieur d'eux-mêmes la cause de leurs malheurs, ne remettent jamais en question leur propre responsabilité dans ce qu'ils vivent. En ce sens, ils ne répondent pas de leurs actes.
Or être responsable de soi et des autres, c'est savoir prévoir les conséquences de ses actes et ensuite les reconnaître comme telles. Si j'agis ainsi, cela peut entraîner telle ou telle réaction que je dois envisager avant d'agir. Et si je constate, à travers ce que je vis, telle conséquence de mes actes, je me dois envers moi-même, comme je le dois aux autres, d'essayer d'en comprendre les raisons. Chacun devrait, avant d'exiger de l'autre qu'il puisse s'expliquer sur sa conduite, avoir le courage, en son âme et conscience, de se demander à lui-même : « Pourquoi j'agis ainsi ? ».
(…)
Si nous sommes toujours les acteurs, même inconscients de notre vie, nous n'avons pas à rendre l'autre coupable de ce qu'il nous fait vivre, ni ne sommes coupables de le vivre. Est-il bien utile de nous faire des reproches, de nous apitoyer sur notre sort, et ce d'autant plus que nous éprouvons des remords ? N'est-ce pas du temps perdu ; encore du temps perdu sur notre bonheur à vivre ? A nous d'agir afin de ne pas répéter les mêmes douleurs. Nous sommes toujours libres d'accepter ou de refuser une situation qui nous déplaît. A nous, à chaque instant, de décider de qu'il est juste ou non de tolérer. Il nous faut pour cela garder notre esprit en éveil.
(…)
Méfions-nous de notre besoin d'amour : il peut éloigner de soi alors même que l'on croit s'en rapprocher. Nous sommes prêts à tout sacrifier, jusqu'à nous-mêmes, tant nous n'avons plus pour nous-mêmes de réelle importance. Ne donnons pas notre âme au diable, n'offrons pas notre coeur à qui n'a rien à nous offrir et ne laissons pas notre esprit errer dans un monde de chimères. Discernons qui nous aime : si l'autre nous aime, il nous mène toujours plus haut que nous-mêmes. Il n'est pas là pour nous faire descendre dans les enfers du désespoir ni nous mener dans des abîmes de tristesse. N'oublions jamais qu'il vaut mieux être seul, comme on dit, que mal accompagné et que si nous sommes malheureux, c'est que nous n'avons pas su respecter nos engagements ; avant tout, ceux que nous avons pris envers nous-mêmes. Nous n'avons pas su nous écouter.
Ecouter cette voix amie qui n'est autre que cette part de nous « bienveillante » : qui nous veut du bien et veille sur nous. Cette voix qui nous guide, nous inspire, nous accompagne sur le chemin, à chaque instant de notre vie. Si nous savons y prêter attention. Laissons-lui le loisir de s'exprimer et le champ libre pour se faire entendre, loin du brouhaha de nos plaintes et de nos craintes inutiles. Apprenons à lui faire confiance, à nous faire confiance : à écouter en nous le meilleur de nous-mêmes. »

Catherine Bensaïd, La musique des anges, Ed. Robert Laffont, 2003, extraits pris aux p. 101 à 104.