PROFONDEURS , de Henning Mankell
Encore un très bon roman. Décidément, je ne me suis pas trompée dans mes choix la dernière fois à la médiathèque.
Quatrième de couverture
« Automne 1914. La Suède, malgré sa neutralité, craint d'être entraînée dans la guerre, car les flottes allemande et russe s'affrontent au large de ses côtes. Le capitaine Lars Tobiasson-Svartman reçoit la mission de sonder les fonds de la mer Baltique et de chercher une route maritime secrète à travers l'archipel d'Östergöland. L'homme est hanté par l'idée de contrôle qu'il exerce en mesurant tout ce qui l'entoure, les masses, le temps, les distances entre les lieux, les objets et les êtres (sa femme Kristina restée à Stockholm). Mais lorsqu'il découvre Sara Fredrika vivant seule sur une île désolée, la présence de cette femme très vite l'obsède et il devient son amant. Le fragile couvercle qu'il maintenait sur son "abîme" intérieur se soulève et son univers tiré au cordeau vole en éclats. D'allers et retours entre l'île et Stockholm, il s'invente des missions secrètes. De mensonge en mensonge - à Sara Fredrika, à Kristina, qui perd la raison, à l'amirauté qui le pousse à démissionner -, Tobiasson perd pied, sombre dans la folie et se suicide par noyade.
- Dans ce récit sobre et parfaitement construit, porté par une intensité émotionnelle constante, Mankell se mesure ici avec les plus grands auteurs suédois contemporains, Torgny Lindgren et Per Olof Enquist. »
Extraits
- « Était-il possible de vivre sans mentir ? Avait-il jamais rencontré quelqu’un qui ne mentait pas ? Il chercha dans ses souvenirs mais ne trouva personne. »
- « La plus grande distance à laquelle je dois me mesurer, c'est celle qui me sépare de moi-même.Où que je sois, la boussole pointe de toutes parts vers l'intérieur de moi-même.
Toute ma vie, j'ai usé de faux-fuyants et de détours pour essayer d'éviter de me retrouver face à moi-même. »
- « Il comprit qu'il avait bâti la plus grande part de sa vie selon un principe insensé. Il avait poursuivi la distance au lieu de rechercher la proximité. »
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mercredi 31 janvier 2018
mercredi 24 janvier 2018
Les chaussures italiennes et l'homme qui ne savait pas dire non
Deux romans que je viens de lire, deux romans très différents, deux romans que j'ai aimés.
LES CHAUSSURES ITALIENNES , de Henning Mankell.
Voici le deuxième roman de Henning Mankell que je lis. Je vous avais parlé il y a quelques mois de "L'oeil du léopard", roman que j'avais déjà beaucoup aimé.
Quatrième de couverture
« A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.
Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption. »
Extrait
« Tu te demandes bien sûr pourquoi je suis venue.
La flamme de la bougie oscillait sans s'éteindre.
- Je ne m'attendais pas à ta visite.
- As-tu jamais cru que tu me reverrais un jour ? L'as-tu jamais souhaité ?
Je n'ai pas répondu. Pour une personne qui en a abandonné une autre sans un mot d'explication, il n'y a au fond rien à dire. Il existe des trahisons qui ne peuvent se pardonner, ni même s'expliquer de quelque manière que ce soit. Celle que j'avais infligée à Harriet était de celles-là. Donc je n'ai rien dit. J'ai attendu, en regardant la flamme de la bougie. »
L'HOMME QUI NE SAVAIT PAS DIRE NON , de Serge Joncour.
Un roman, une comédie, mais pas si légère qu'elle en a l'air... En tous cas j'ai aimé cette histoire, peut-être parce que pendant très longtemps je n'ai pas su dire non moi non plus. Serge Joncour a écrit également "L'Amour sans le faire" dont je vous ai parlé récemment.
Quatrième de couverture
« Parfois le soir, seul devant la glace, il avance ses lèvres pour dire le mot, il les rassemble comme pour une moue ou un demi-baiser, il tend la bouche vers l'avant et cale les incisives pour souffler la décisive consonne, mais là, le mot ne vient pas, il lui reste sur la langue comme un noyau de cerise, un chewing-gum qui refuserait de buller. »
On n'imagine pas l'embarras de ne plus pouvoir prononcer ce simple mot : non. C'est pourtant ce qui arrive à Beaujour, employé modèle dans un institut de sondage. Grâce à un atelier d'écriture, il part à la recherche du mot perdu, quitte à remonter toute l'histoire.
Avec la sensibilité qu'on lui connaît, Serge Joncour multiplie les scènes cocasses et compose un véritable roman des origines.
Extraits
- « Allez parler à cet enfant en vous, il est là, à vous attendre, il n'attend que vous cet enfant plus ou moins souverain que l'on a tous été, et qui reste là en soi, générateur de nos détresses et de nos mélancolies, de nos blocages aussi, il est cette part de nous qui cherche toujours à être pris dans les bras, il est la persistance de nous qui s'inquiète, oui, il est là ce mirage de l'enfant qu'on a été, dans le fond c'est bien lui qui est la cause de tout, c'est lui la source du symptôme, c'est lui qui a initié nos premières sensations, nos premiers rapports avec le monde, c'est de lui que nous viennent ces algorithmes de stratégies mentales qui aujourd'hui encore nous font répondre aux situations que nous traversons. Tendez-lui la main. Allez, engagez le dialogue, écrivez-lui, prenez une feuille et approchez-le, ou écrivez à haute voix, qu'importe, le tout c'est d'aller cueillir le non sur sa bouche, juste là où il s'est arrêté... »
- « Ce minuscule enfant qui est là posé et sage, qui se tait, il est encore en vous, passez le voir un peu, allez lui relever un peu la nuque, allez le caler de ce côté-ci du canapé, où il y a une couverture, en même temps allez lui donner des petits coups de doigt dans les côtes, afin de l'énerver un peu, afin de faire chavirer son sourire pour épanouir son sincère agacement. Ce petit enfant, allez donc l'asticoter jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus et qu'il se mette enfin à chialer, à couiner, qu'il hurle fort, qu'il se manifeste à un point tel que ses parents accourent depuis la pièce d'à côté en se demandant ce qui ne va pas, allez lui faire comprendre que c'est aux autres qu'il faut dire non, pas à soi-même, à ses désirs, à ses envies, à ses besoins, sans quoi on n'en finit pas de se trahir. »
LES CHAUSSURES ITALIENNES , de Henning Mankell.
Voici le deuxième roman de Henning Mankell que je lis. Je vous avais parlé il y a quelques mois de "L'oeil du léopard", roman que j'avais déjà beaucoup aimé.
Quatrième de couverture
« A soixante-six ans, Fredrik Welin vit reclus depuis une décennie sur une île de la Baltique avec pour seule compagnie un chat et un chien et pour seules visites celles du facteur de l’archipel. Depuis qu’une tragique erreur a brisé sa carrière de chirurgien, il s’est isolé des hommes. Pour se prouver qu’il est encore en vie, il creuse un trou dans la glace et s’y immerge chaque matin. Au solstice d’hiver, cette routine est interrompue par l’intrusion d’Harriet, la femme qu’il a aimée et abandonnée quarante ans plus tôt. Fredrik ne le sait pas encore, mais sa vie vient juste de recommencer.
Le temps de deux solstices d’hiver et d’un superbe solstice d’été, dans un espace compris entre une maison, une île, une forêt, une caravane, Mankell nous révèle une facette peu connue de son talent avec ce récit sobre, intime, vibrant, sur les hommes et les femmes, la solitude et la peur, l’amour et la rédemption. »
Extrait
« Tu te demandes bien sûr pourquoi je suis venue.
La flamme de la bougie oscillait sans s'éteindre.
- Je ne m'attendais pas à ta visite.
- As-tu jamais cru que tu me reverrais un jour ? L'as-tu jamais souhaité ?
Je n'ai pas répondu. Pour une personne qui en a abandonné une autre sans un mot d'explication, il n'y a au fond rien à dire. Il existe des trahisons qui ne peuvent se pardonner, ni même s'expliquer de quelque manière que ce soit. Celle que j'avais infligée à Harriet était de celles-là. Donc je n'ai rien dit. J'ai attendu, en regardant la flamme de la bougie. »
L'HOMME QUI NE SAVAIT PAS DIRE NON , de Serge Joncour.
Un roman, une comédie, mais pas si légère qu'elle en a l'air... En tous cas j'ai aimé cette histoire, peut-être parce que pendant très longtemps je n'ai pas su dire non moi non plus. Serge Joncour a écrit également "L'Amour sans le faire" dont je vous ai parlé récemment.
Quatrième de couverture
« Parfois le soir, seul devant la glace, il avance ses lèvres pour dire le mot, il les rassemble comme pour une moue ou un demi-baiser, il tend la bouche vers l'avant et cale les incisives pour souffler la décisive consonne, mais là, le mot ne vient pas, il lui reste sur la langue comme un noyau de cerise, un chewing-gum qui refuserait de buller. »
On n'imagine pas l'embarras de ne plus pouvoir prononcer ce simple mot : non. C'est pourtant ce qui arrive à Beaujour, employé modèle dans un institut de sondage. Grâce à un atelier d'écriture, il part à la recherche du mot perdu, quitte à remonter toute l'histoire.
Avec la sensibilité qu'on lui connaît, Serge Joncour multiplie les scènes cocasses et compose un véritable roman des origines.
Extraits
- « Allez parler à cet enfant en vous, il est là, à vous attendre, il n'attend que vous cet enfant plus ou moins souverain que l'on a tous été, et qui reste là en soi, générateur de nos détresses et de nos mélancolies, de nos blocages aussi, il est cette part de nous qui cherche toujours à être pris dans les bras, il est la persistance de nous qui s'inquiète, oui, il est là ce mirage de l'enfant qu'on a été, dans le fond c'est bien lui qui est la cause de tout, c'est lui la source du symptôme, c'est lui qui a initié nos premières sensations, nos premiers rapports avec le monde, c'est de lui que nous viennent ces algorithmes de stratégies mentales qui aujourd'hui encore nous font répondre aux situations que nous traversons. Tendez-lui la main. Allez, engagez le dialogue, écrivez-lui, prenez une feuille et approchez-le, ou écrivez à haute voix, qu'importe, le tout c'est d'aller cueillir le non sur sa bouche, juste là où il s'est arrêté... »
- « Ce minuscule enfant qui est là posé et sage, qui se tait, il est encore en vous, passez le voir un peu, allez lui relever un peu la nuque, allez le caler de ce côté-ci du canapé, où il y a une couverture, en même temps allez lui donner des petits coups de doigt dans les côtes, afin de l'énerver un peu, afin de faire chavirer son sourire pour épanouir son sincère agacement. Ce petit enfant, allez donc l'asticoter jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus et qu'il se mette enfin à chialer, à couiner, qu'il hurle fort, qu'il se manifeste à un point tel que ses parents accourent depuis la pièce d'à côté en se demandant ce qui ne va pas, allez lui faire comprendre que c'est aux autres qu'il faut dire non, pas à soi-même, à ses désirs, à ses envies, à ses besoins, sans quoi on n'en finit pas de se trahir. »
dimanche 15 octobre 2017
L'oeil du léopard
Henning MANKELL, j'ai découvert cet écrivain depuis peu. Je remercie d'ailleurs Marie-France de me l'avoir recommandé. J'ai lu récemment de lui : L'oeil du léopard, que je vous conseille d'ailleurs fortement. Il est très bien !
Quatrième de couverture
« Années 1950. Dans une bourgade du Norrland, Hans Olofson, adolescent élevé par un père rustre et alcoolique, perd ses deux seuls vrais amis. Bouleversé, Hans décide de réaliser le rêve de l’un d’eux : aller en Zambie, sur les traces d’un missionnaire suédois.
1969. L’Afrique le fascine et l’effraie. Dans la jeune république indépendante de Zambie en proie à la violence, Hans rencontre des colonisateurs emprisonnés dans leur racisme, et des Noirs obéissants qui cultivent la haine des Blancs. Hans accepte d’aider une Anglaise à diriger sa ferme de production d’œufs, puis reprend l’exploitation à son compte. Espérant ainsi échapper à l’engrenage de la violence raciale, il tente alors de mettre en application ses idéaux de justice sociale et humaine. »
Extraits
- « On ne peut pas tout partager, il faut s'aménager un jardin secret. En avançant dans la vie, on acquiert cette sagesse fondamentale qui vous indique les rêves qui sont à partager et ceux qui sont à garder secret. »
- « Le comportement barbare de l'être humain a toujours un visage humain, pense-t-il confusément. C'est ce qui rend la barbarie si inhumaine. »
- « La vie ne dure qu'une seconde vertigineuse. Elle n'est qu'un petit souffle dans la bouche de l'éternité. Seul le fou se croit capable de défier le temps... »
- « Un empire qu'on construit sur la base la plus fragile, à savoir sur l'oppression et l'aliénation, est une construction destinée à s'effondrer avant même d'être achevée. »
- « Peut-on vivre dans un pays étranger sans essayer de le transformer à l'image de celui qu'on a quitté ? »
Quatrième de couverture
« Années 1950. Dans une bourgade du Norrland, Hans Olofson, adolescent élevé par un père rustre et alcoolique, perd ses deux seuls vrais amis. Bouleversé, Hans décide de réaliser le rêve de l’un d’eux : aller en Zambie, sur les traces d’un missionnaire suédois.
1969. L’Afrique le fascine et l’effraie. Dans la jeune république indépendante de Zambie en proie à la violence, Hans rencontre des colonisateurs emprisonnés dans leur racisme, et des Noirs obéissants qui cultivent la haine des Blancs. Hans accepte d’aider une Anglaise à diriger sa ferme de production d’œufs, puis reprend l’exploitation à son compte. Espérant ainsi échapper à l’engrenage de la violence raciale, il tente alors de mettre en application ses idéaux de justice sociale et humaine. »
Extraits
- « On ne peut pas tout partager, il faut s'aménager un jardin secret. En avançant dans la vie, on acquiert cette sagesse fondamentale qui vous indique les rêves qui sont à partager et ceux qui sont à garder secret. »
- « Le comportement barbare de l'être humain a toujours un visage humain, pense-t-il confusément. C'est ce qui rend la barbarie si inhumaine. »
- « La vie ne dure qu'une seconde vertigineuse. Elle n'est qu'un petit souffle dans la bouche de l'éternité. Seul le fou se croit capable de défier le temps... »
- « Un empire qu'on construit sur la base la plus fragile, à savoir sur l'oppression et l'aliénation, est une construction destinée à s'effondrer avant même d'être achevée. »
- « Peut-on vivre dans un pays étranger sans essayer de le transformer à l'image de celui qu'on a quitté ? »
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