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vendredi 8 février 2013

De l'urgent et de l'important...

Méditer jour après jour, de Christophe André*
Livre en cours de lecture commune lors des soirées méditation et pleine conscience où je me rends le jeudi soir deux fois par mois. Je vous le conseille, il fait grandement du bien... Je vous livre cet extrait :

« (…) Il y a ainsi dans nos vies de l'urgent et de l'important. Urgent : répondre à mes e-mails, finir mon travail, faire les courses, réparer ce robinet qui fuit… Si je ne fais pas ce qui est urgent, je serai puni, rapidement, j'aurai des ennuis. Alors, je m'exécute. Important : marcher dans la nature, regarder passer les nuages, parler à mes amis, prendre le temps de souffler, de respirer, de ne rien faire, de me sentir vivant… Si je ne fais pas ce qui est important, il ne m'arrivera rien. Rien dans l'immédiat. Mais, peu à peu, ma vie deviendra terne, ou triste, ou bizarrement vide de sens.
Chaque jour, il y a dans nos vies des conflits entre ce qui est urgent et ce qui est important. Comment ne pas sacrifier totalement l'important à l'urgent ? Comment ne pas céder peu à peu à la dictature de l'urgent, qui fait qu'au bout d'un moment, toute sollicitation me semble urgente, même si en réalité elle ne l'est pas, ou pas autant qu'elle voudrait me le faire croire ?
En réfléchissant, bien sûr. Et en méditant.
Mais même en pratiquant la pleine conscience, nous sommes constamment exposés à ce conflit : à peine me suis-je assis, les yeux fermés, que déjà m'assaillent des pensées sur tout ce que j'ai à faire. “Pense à envoyer cet e-mail. N'oublie pas de rappeler Untel. Tiens, il faudrait que tu notes cette idée avant de l'oublier. Au lieu d'être là, assis, à essayer de méditer, tu ferais mieux de te lever et de faire toutes ces choses avant de les oublier. Et puis aujourd'hui, ça ne marche pas bien ta séance, tu n'as pas l'esprit à ça. Allez, laisse tomber, relève-toi. Tu trouveras bien un autre moment. Méditer, ça peut attendre. Ce n'est pas comme ton boulot…”
L'urgent tente toujours de prendre le peu de place que je m'efforce de réserver à l'important. C'est comme ça, c'est sa nature. Alors, si je ne dis pas non, si je ne fais pas cet effort, je suis perdu. Je vais vivre une non-vie de robot remuant et creux. Est-ce cela que je souhaite ?
La pleine conscience m'apprend à protéger ce qui est important. A me dire doucement: “Non, non. Je ne me lève pas, je n'ouvre pas les yeux, je n'arrête pas ma séance. Je reste là, assis, les yeux fermés, à prendre conscience de mon souffle, de la respiration du monde tout autour de moi. C'est important. Très important. Infiniment important. Rien n'est plus important à cet instant que de rester là, comme ça.” Avoir appris à doucement dire non lors des exercices de pleine conscience, avoir fait l'expérience de ce non et de ses bienfaits, cela va peut à peu s'étendre à tout le reste de ma vie. Et m'aider à y dire non, aussi, m'aider à tamiser le flot des urgences, à accroître ma clairvoyance envers les fausses alertes du “fais-le vite, tout de suite!”.
Sourire, comprendre que chacun de ces petits combats gagnés me rend plus intelligent et plus heureux. Et m'aide à faire, peu à peu, de la place dans ma vie pour ce qui importe. Penser à Thoreau, qui partit vivre un an dans les bois à Walden: “Une fois que l'homme s'est procuré l'indispensable, il existe une autre alternative que celle de se procurer les superfluités ; et c'est de s'aventurer dans la vie présente.” » (p. 142 à 144)

*Christophe André pratique la méditation depuis des années. Mais il l'utilise aussi pour soigner : il anime, à l'hôpital Sainte-Anne à Paris, des groupes de méditation pour aider ses patients à se libérer de la souffrance et à savourer leur existence. (quatrième de couverture)
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14 commentaires:

  1. Je ne vais pas dans des groupes mais, en toute humilité, j'arrive à fermer les yeux et à penser sur ce qui est important, l'amour des miens, les belles choses, les petits riens. Je pense avoir une prédisposition naturelle à le travailler. Cela fait longtemps que j'en entendais les bienfaits et cela fait quelques mois que j'arrive à l'appliquer durablement. Cette année, j'ai compris le sens de "lâcher prise" quand je l'ai fait pour mon fils, j'ai arrêté de fumer et j'ai monté des projets en toute sérénité. Quand j'ai replongé cruellement cet été, je me suis rendue compte que ce qui m'a mise si en colère n'était pas la méchanceté de la fille en question mais bien "mon chemin si heureux" ainsi perturbé. En fait, je m'en voulais. Cet évènement m'a appris l'indulgence envers moi même sur ce chemin.
    Je sais que pour la première fois de ma vie, j'ai pris le bon chemin, celui à l'intérieur et vers l'extérieur, celui de "l"amour" (je ne vais pas m'étendre, je sais que tu comprends ce que je veux dire). Je suis heureuse de ce bonheur, celui d'Etre tout simplement, et pour rien au monde, je n'y dérogerai désormais. Je suis confiante car je sais qu'en cas de "mauvaises ondes", je saurais désormais fermer les yeux, prendre du recul et laisser les vagues remuer et mourir" sans dégat sur le courant de ma vie. Je n'ai pas honte de dire que je suis fière d'avoir cette prédisposition, et ce qui me rend doublement heureuse est que je sais aussi l'effet ricochet positif que je peux avoir autour de moi :)
    bisous, bon week end ♥

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    1. Je savais que tu viendrais commenter ce billet, Avalon (sourire), car nous sommes toutes deux dans ce mouvement, ce ressenti, cette recherche, cette quête similaire, et je savais que tu aurais plein de choses à dire, et je t'en remercie ! (re-sourire).
      Gros bisous à toi aussi, ma belle, et bon week-end. ♥

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  2. Des réflexions comme je les aime !... Qu'il est bon ce petit rappel !!! Merci et bon week-end à toi, Françoise !... Mymy.

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    1. C'est moi qui te remercie, chère Mymy ! Bon week-end à toi aussi, et gros bisous ! :-)

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  3. Ce texte est magnifique. Merci de me l'avoir fait découvrir.

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    1. Merci à vous, Ileana, d'être venue le lire. Je suis ravie qu'il vous ait plu.
      Belle soirée à vous.

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  4. Un bien beau texte, je suis une personne lente par nature, j'ai beaucoup souffert des "vite dépêche toi" entendus à longueur de temps, à l'école comme à la maison et dans la vie de tous les jours.
    "Immobile... L'immobilité, ça dérange le siècle.
    C'est un peu le sourire de la vitesse, et ça sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps."Léo Ferré
    Que ce soit pour méditer ou pour se retrouver et souffler au dehors les tensions, prenez le temps, ce ne sera jamais du temps perdu.
    Je marche beaucoup mais pas pour avaler des kilomètres et je cherche toujours un coin, une pierre pour m'assoir déposer tous les soucis et laisser le vent et le soleil les emporter loin, on oublie trop souvent que l'on appartient à la terre et que nous avons besoin de son contact direct, posez vous la question, depuis combien de temps ne vous êtes vous plus assis sur la terre ? Merci Françoise pour la découverte; bises à toi.

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    1. Moi aussi, Kath, je suis une personne lente, mais j'en ai déjà parlé dans de précédents billets que tu as peut-être lus. J'ai eu très longtemps ce complexe d'être lente, maintenant, je me dis que la lenteur est une qualité, c'est prendre le temps, et comme tu dis, prendre le temps n'est jamais du temps perdu. Et depuis que je fais de la méditation, de la pleine conscience, je me dis que j'avais cela en moi déjà depuis fort longtemps, et que cela me fait vraiment du bien d'aller à ces soirées, avec ces personnes qui prennent le temps ou qui apprennent à le prendre. Le contact à la terre est très important, oui, le contact avec la nature, avec les animaux, cela apporte tant qu'il faut vraiment prendre le temps de se poser et de respirer au rythme de la terre.
      C'est moi qui te remercie, Kath. Belle fin de dimanche à toi. Je t'embrasse.

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  5. J'ai aussi évoqué ce livre dans une Note et je savais par ton commentaire que tu l'avais également. C'est un très gros succès de librairie de 2012. Un très bel ouvrage.
    Mais parfois, cela devient un peu énervant la place que prend « le développement personnel » en librairie. Le bonheur ne s’achète pas, le livre comme tu l’indique doit rester un outil, un support.
    Ce qui m’avait amené à écrire (en 2011 déjà) et sur un autre blogue collectif, un billet « Du bon usage du développement personnel ».
    http://laphilia.blogspot.fr/2011/03/du-bon-usage-du-developpement-personnel.html
    Je t’embrasse et bon dimanche Françoise.

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    1. Je viens d'aller lire ta Note sur Terra Philia, Louis-Paul. Oui, bien sûr, je me rends compte aussi que dans tous ces livres se retrouvent les mêmes conseils, les mêmes mots bien souvent, mais je pense que tant qu'on a besoin de les lire, il faut les lire. C'est à force de les lire que nous nous imprégnons de ces mots et que nous changeons. Je lis énormément de ces livres, et je me rends compte que je change. Est-ce grâce aux livres, ou bien au fait que je fréquente de nouvelles personnes qui eux aussi lisent ces livres ? peu importe, c'est par cet échange que je me "transforme". Je suis d'accord sur le fait qu'il y a peut-être un effet de mode aussi, mais les gens sont en demande de ce genre de livres, et je trouve que c'est plutôt positif, c'est qu'ils se rendent compte que quelque chose ne va pas en eux, que ce n'est pas forcément la faute de l'autre, et qu'ils ont décidé de se prendre en mains. Evidemment, s'ils ne font que lire les livres, et attendent que le changement arrive tout seul, bien sûr que cela ne servira à rien de lire tous ces bouquins, mais je pense que chez certains, cela peut être un élément déclencheur. Enfin, bref, il y aurait tant à dire encore à ce sujet... (sourire) Merci en tous cas pour tes mots à toi, ton avis. Je te souhaite une bonne fin de dimanche, et je t'embrasse fort, Louis-Paul.

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    2. Je te rassure, j'en ai aussi pas mal dans ma biblio!!!
      Bises, bonne fin de journée.

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    3. sourire... Je n'en doute pas, Louis-Paul. :-)
      Bonne soirée. Bises à toi aussi.

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  6. après Jane B., un autre point commun ;-)
    Christophe André, j'aime beaucoup sa manière d'expliquer les choses, la pleine conscience j'essaye de la pratiquer, le plus possible... Et en ce moment je lis son livre sur les états d'âme, qui est aussi très "parlant", en tout cas qui me parle!
    Belle journée!

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    1. sourire... J'ai lu son livre sur les états d'âme, un livre très intéressant, oui, et qui m'a parlé à moi aussi ! :-)
      Belle et douce nuit à toi, Sarah, et merci.

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Merci pour vos petits mots que j'apprécie infiniment.