samedi 7 janvier 2017

Hommage à Guy Corneau

Guy Corneau était un psychanalyste jungien et un écrivain canadien. Il est mort jeudi dernier, 5 janvier, à l'âge de 65 ans. J'ai lu plusieurs de ses ouvrages, dont « La guérison du coeur », « Victime des autres, bourreau de soi-même », « N'y a-t-il pas d'amour heureux ? », « Père manquant, fils manqué ».

Ce billet pour lui rendre hommage, car j'aimais l'homme qu'il était, ainsi que ses écrits.

« La paresse est l'art de l'âme. Elle fabrique de la vie intérieure. Nous avons besoin de ne rien faire, de flâner, de badiner, de rêvasser, de suivre l'âme dans ses fantasmes et ses caprices, un peu à la manière d'un enfant qui suit la spontanéité de son jeu pour le simple plaisir de jouer sans même être effleuré par la pensée que ce jeu pourrait servir à autre chose qu'à s'amuser. La santé se trouve ici. Ici renaît le goût de vivre pour le simple plaisir de vivre. Ici renaît la célébration de la vie. Ici renaît la spontanéité naturelle et facile. » (La guérison du coeur)

« Il ne faut pas confondre spiritualité et peur de vivre. La véritable spiritualité représente la fleur d'une vie. Elle ne craint pas le fumier, les profondeurs de la terre et la chaleur du soleil. Elle s'y nourrit. Elle a besoin de faire l'amour si j'ose dire. Elle ne peut s'élaborer contre la sexualité, contre la pulsion de vie elle-même. Si la spiritualité n'intègre pas la sexualité dans un grand mouvement vital, elle devient desséchante. Elle devient la servante du complexe maternel négatif qui interdit de vivre. Elle s'appuie sur une haine inconsciente de la vie et par ce fait même perd toute valeur de croissance pour l'individu. » (N'y a-t-il pas d'amour heureux ?)

« Nos peurs et nos ombres peuvent devenir des ponts vers les autres puisque, dans les domaines où nous excellons, nous n'avons besoin de personne. C'est par la grâce de nos blessures et de nos défauts que nous communiquons avec autrui. Quand cherchons-nous une oreille amie, une caresse complice, si ce n'est dans le désarroi et l'inquiétude ? Qui aime être seul devant la peur ? Aussi, la tâche du héros sera d'accepter de laisser voir ses besoins réels. » (Père manquant, fils manqué)

12 commentaires:

  1. Oui c'est triste de voir partir, un tel homme, un éclaireur majeur de notre temps, comme Guy Corneau. Je t'embrasse Françoise

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    1. Oui, c'est triste, Bizak.
      Je t'embrasse aussi.

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  2. Ses livres ont été très important pour moi à une période précise de ma vie.(lien ci-dessous)Merci Françoise de lui rendre cet hommage.

    http://www.louispaulfallot.fr/archive/2010/06/16/la-guerison-du-coeur.html

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    1. Oui, je me rappelle de ce billet, Louis-Paul, je l'avais d'ailleurs commenté, c'était en 2010.
      Belle fin de dimanche à toi.
      Je t'embrasse.

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  3. Psy ou PSI (de pounds Per Square Inch) le dernier indique une pression ou un stress mécanique). Pour le premier il exacerbe cette pression au point d'avoir détruit un foyer. Celui dont je faisais partie.
    Bzzz...

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    1. Je suis désolée que cela te remémore un mauvais souvenir, le bourdon. :-(
      Bonne fin de dimanche.
      Bises.

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  4. Ah dis donc, c'est toi qui m'apprends cette triste nouvelle :(
    J'aimais beaucoup Guy Corneau, qui a fait beaucoup dans le domaine du relationnel humain, de l'attention portée aux autres et à sois dans les registres sensibles et émotionnels. C'était un grand vulgarisateurs, qui parlait avec un langage accessible à tous. Je l'ai lu (3 des livres que tu cites), entendu, et toujours apprécié. Il a été à l'origine des "cercles d'hommes" dans lesquels il accueillait et favorisait l'expression masculine, si souvent bloquée pour des raisons culturelles.

    Je me souviens particulièrement du jour où, grâce à lui, à la radio, j'ai découvert ce qu'était "l'élan vital" et l'importance que ça pouvait avoir pour une existence épanouie. Ces quelques mots on pesé dans la balance lorsque j'ai eu certains choix difficiles à faire...

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    1. Oui, il parlait avec un langage accessible à tous, c'est vrai. Je pense qu'il en a aidé plus d'un(e) à prendre conscience de cet "élan vital".
      Il était jeune encore, il aurait sûrement eu encore des choses à nous apporter, à nous apprendre, mais c'est ainsi, il est parti ailleurs. Lisons et relisons ses ouvrages, il est bon parfois de relire les livres, parce que nous évoluons sans cesse et que les mots prennent une autre dimension à chaque lecture.
      Belle fin de dimanche, Pierre.

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  5. j'ignorais sa mort...si jeune! c'est toute une époque...cHristiane Singer, lui...

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  6. A découvrir, sûrement...
    Merci Françoise pour ton billet qui rend un bien bel hommage à cet éminent psychanalyste-écrivain canadien : Guy Corneau.
    Bonne soirée.
    Bisou.
    Den

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    1. Merci à toi, Den.
      Belle journée à toi.
      Je t'embrasse.

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Merci pour vos petits mots que j'apprécie infiniment.