et aussi de partager avec vous mes photos, mes lectures, mes goûts musicaux...

mardi 3 septembre 2013

Avant de juger une personne, marche pendant trois lunes dans ses mocassins

Extrait d'un livre lu cet été : 
« Va où ton coeur te porte » de Susanna Tamaro :
« "Les jeunes, dit-elle souvent au beau milieu d'un discours, n'ont pas de coeur, ils n'ont plus le respect qu'ils avaient autrefois." Pour couper court, j'acquiesce mais au fond de moi je suis convaincue que le coeur n'a pas changé, il y a moins d'hypocrisie, voilà tout. Les jeunes ne sont pas naturellement égoïstes, de même que les vieux ne sont pas naturellement sages. Compréhension et superficialité ne sont pas liées à l'âge mais au chemin que chacun parcourt. Quelque part, je ne sais plus où, j'ai lu récemment un dicton des indiens d'Amérique qui disait : « Avant de juger une personne, marche pendant trois lunes dans ses mocassins. » Il m'a tellement plu que pour ne pas l'oublier, je l'ai recopié sur le bloc-notes près du téléphone. Vues de l'extérieur, beaucoup de vie paraissent ratées, irrationnelles, folles. Tant que l'on est à l'extérieur, il est aisé de se tromper sur autrui. Ce n'est que de l'intérieur, en marchant trois lunes dans ses mocassins, que l'on peut comprendre les motivations, les sentiments, ce qui fait agir une personne de telle façon et pas d'une autre. La compréhension est le résultat de l'humilité, non de l'orgueil de savoir. » (pp. 197-198)

12 commentaires:

  1. J'aime beaucoup le dicton ! Je vais aussi me le noter quelque part…
    C'est fou les idées toutes faites que l'on a sur les gens, les situations, les événements… Moi le premier !

    En cette rentrée, voilà une bonne occasion de remise à l'heure ma pendule !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. (sourire) Tant mieux si tu aimes ce dicton, Alain ! J'en suis ravie ! :-)
      Bonne soirée à toi, et douce nuit.

      Supprimer

  2. parfois on est tellement à l'étroit dans ses propres baskets qu'on aurait du mal
    à enfiler les mocassins des autres ! alors on laisse la tolérance et l'humilité au
    fond de la poche, c'est bien plus confortable ! mais c'est bien dommage !
    j'aime aussi ce dicton qui en dit long sur notre attitude et la critique, qui est
    un sport national ...
    bises Françoise

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, c'est vrai, il est tellement facile de critiquer sans chercher à comprendre l'autre, et c'est bien dommage, oui.
      Bonne soirée à toi, Marty. Je t'embrasse.

      Supprimer
  3. « Les jeunes n'ont pas de coeur, ils n'ont plus le respect qu'ils avaient autrefois. »
    Je ne suis pas d'accord avec cette citation, elle fait de quelques cas une généralité. Si les mômes n'ont pas de coeur, alors nous avons failli et Susanna Tamaro la première.
    Qu'elle sorte de sa tanière, regarde les gens sincèrement en déchaussant ses lunettes d’entomologiste prête à épingler ceux qui ne lui ressemblent pas et elle verra les mômes extraordinaires, inventifs, généreux !
    Bonne soirée Françoise, bises :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Philippe, en fait, ce n'est pas Susanna Tamaro qui pense ainsi, mais une femme qui fait partie de son roman et qu'elle fait parler. Susanna Tamaro ne l'approuve pas, si tu lis bien la suite de l'extrait (sourire).
      Et je suis d'accord avec toi ! :-)
      Bonne soirée, Philippe, et de grosses bises. :-)

      Supprimer
  4. Un roman de Susanna Tamaro qui est très cher à mon coeur...je l'ai lu plusieurs fois...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, un très beau roman, La Licorne. Je le relirai sûrement, moi aussi.
      Bel après-midi à toi.

      Supprimer
  5. J'avais moi aussi lu quelque part ce dicton, il y a une bonne quinzaine d'années et il m'avait paru très juste. Je crois qu'à compter de ce jour j'ai regardé autrement les autres...

    Merci de m'en avoir ravivé le souvenir :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, il est important de savoir se mettre à la place de l'autre avant de le juger (d'ailleurs, avons-nous le droit de juger ?) et ce dicton l'exprime très bien.
      Belle soirée à toi, Pierre, et merci de ta visite. :-)

      Supprimer
  6. Ah... L'"autrefois" !
    Je m'éloigne un peu du sujet mais de suite, en commençant la lecture de ce billet, je me suis souvenue d'un texte de Colette.
    J'ai essayé de le retrouver en fouillant ma bibliothèque mais sans succès.
    (je viens de passer plus d'une heure, assise sous mes étagères, à feuilleter "le fanal bleu" et "en pays perdu".... Mon café est froid et ma p'tite intendance ménagère a pris un sérieux retard! Mais... Quel plaisir je viens, là, de retrouver !)
    Donc, dans ce texte, elle se plaignait de ces jeunes qui, contrairement aux anciens, ne savaient plus orthographier correctement.
    ... Elle disait cela dans les années 1930 !
    ça laisse songeur, s'pas !
    La nostalgie peut parfois être un refuge trompeur et un prétexte facile pour éviter de réfléchir avec cœur et lucidité...

    Je sais... Je suis sortie du chemin mais cela ne m'empêche pas de penser, tout comme toi et tes visiteurs du jour, qu'enfiler le quotidien de l'autre permet de mieux comprendre les entournures qui parfois le gênent. Nos propres aisances ne sont pas que méritoires, s'pas !

    Merci, Françoise, de nous offrir ces réflexions en partage...
    C'est plaisir de les partager puis... d'en faire bon usage !

    Une toute belle journée à toi !
    Lydaine.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonsoir chère Lydaine
      Oui, ça laisse songeur en effet... :-)
      « La nostalgie peut parfois être un refuge trompeur et un prétexte facile pour éviter de réfléchir avec cœur et lucidité... » très vrai et très joliment dit, Lydaine. Je pense que je mettrai ta phrase à l'honneur lors d'un prochain billet, car elle me parle beaucoup. Merci.
      Peu importe de sortir du chemin, au contraire, les chemins de traverse peuvent être très beaux eux aussi, la preuve.
      C'est moi qui te remercie, chère Lydaine. Une belle fin de semaine à toi. Je t'embrasse.

      Supprimer

Merci pour vos petits mots que j'apprécie infiniment.